3 h 30 - Debout, tournés vers l’autel, on attend le signal du Père Abbé (deux petits coups secs sur l’accoudoir), et l’hebdomadier entonne le verset Domine, labia mea aperies, “Seigneur, ouvrez mes lèvres, et ma bouche annoncera votre louange”.
Un frère commence alors au milieu du chœur le psaume 94, appelé ‘invitatoire’ : Venite, exsultemus Domino, “Venez, exultons devant le Seigneur, jubilons d’allégresse ; adorons-le, prosternons-nous et pleurons devant sa face !” Puis, le capuce rabattu sur la tête, douze psaumes à chœur alterné vont défiler recto tono, c’est-à-dire sans inflexion de voix, à la différence de la psalmodie chantée. Ces douze psaumes sont entre-coupés de lectures dont le nombre varie selon l’importance de la fête.
Que se passe-t-il alors, sinon un colloque intime, où l’âme s’épanche devant Dieu dans un sentiment de supplication et d’amour : “Comme le cerf altéré soupire après les sources d’eau…” (psaume 41). Et Dieu lui répond : “Je suis ton Seigneur, je t’ai tiré de l’Egypte ; ouvre ta bouche et je la remplirai” (psaume 80).