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VIE MONASTIQUE

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               LE TRAVAIL

"Les frères, dit saint Benoît au chapitre 48 de sa Règle, doivent à certaines heures se livrer au travail des mains, et en d'autres heures s'occuper à la lecture divine."

    Saint Benoît promulgue en même temps deux lois qui se soutiennent mutuellement, loi du travail manuel, loi du travail intellectuel.

    L'histoire de l'Ordre est le commentaire vivant de ce chapitre de la Règle. On travaille dans les monastères bénédictins, toujours et beaucoup. Mais ce travail est dirigé à la satisfaction des âmes, au bien de l'Église et à la gloire de Dieu. Et c'est par la vertu de ces intentions élevées, mais surtout par la bénédiction d'En-Haut que ces travaux de toute nature prirent dès leur début et gardent à travers les siècles ce caractère monumental, grandiose et unique, qui est en quelque sorte la frappe du monde monacal.

    Dans le partage qu'il fait des heures entre le travail manuel et le travail intellectuel, désigné par le nom général de lecture, saint Benoît fait pencher la balance du côté des travaux extérieurs. On devine les nombreux motifs qui exigeaient que ce fût ainsi à l'époque où écrivait le saint Législateur, et même pour les siècles futurs.

    Un danger, à notre époque de prétention scientifique, c'est de ne pas traiter le travail manuel avec l'honneur qu'il mérite, sous prétexte que l'on manquerait de temps et qu'il y a des occupations plus importantes. Que l'on y prenne garde : l'abandon et à plus forte raison le dédain du travail manuel est une atteinte portée à la Règle et à l'observance monastique, c'est la suppression d'un élément de vie dont le contrecoup se fera sentir de plusieurs manières différentes ; c'est une rupture d'équilibre, c'est l'altération de la physionomie du monastère bénédictin.

Dom Romain Banquet, extraits du commentaire de la Règle