Samedi 11 juillet 2026 : inauguration du prieuré
Ding-dong-ding-dong-ding-dong… Il est dix heures, le grand carillon sonne au clocher de l’abbaye, la longue procession se met en branle devant la sacristie…
Ding-dong-ding-dong-ding-dong… Il est dix heures, le grand carillon sonne au clocher de l’abbaye, la longue procession se met en branle devant la sacristie : en tête, l’évêque d’Angers, Mgr Delmas, et à ses côtés l’évêque de Luçon, Mgr Renauld de Dinechin. Suivent les Pères Abbés Dom Dupont, abbé émérite de Solesmes, Dom Pateau, de Fontgombault, Dom Philippe Piron, abbé émérite de Kergonan, le Père Christophe, supérieur de Riaumont, l’abbé Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde, le Père Augustin-Marie Aubry, supérieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. Viennent ensuite les chantres, le clergé (une cinquantaine) et les moines (une dizaine). Une foule nombreuse se presse à l’ombre des barnums pour tenter de suivre la cérémonie sur le grand écran et à l’ombre. Déjà 600 personnes ont pris place dans l’Église. Au total, cela doit faire un peu moins que les 1 800 personnes inscrites, sans doute à cause de la canicule. Mais la joie est sur tous les visages, même si elle prend une teinte un peu mélancolique sur ceux des trappistes : Père Samuel et Frère Damien ont été rejoints pour la messe par Frère Robert et le légendaire Frère Benjamin (102 ans).
« Faciam te in gentem magnam (1) ». Puissent ces mots de l’introït, qui retentit sous les voûtes de l’abbatiale en cette fête de saint Benoît, devenir aussi pour la nouvelle communauté gage de bénédiction. Avant l’homélie, Père Abbé lit un message du cardinal Parolin au nom du Pape Léon XIV, qui accorde à tous sa bénédiction apostolique. Dom Louis-Marie voit dans cette reprise de la vie monastique à Bellefontaine un signe d’espérance pour l’Église de France, à trois conditions : l’union à la hiérarchie, la fidélité à la vocation monastique, et l’union au mystère pascal du Christ. À la fin de la messe, Père Abbé commence par lire, puis signe sur l’autel le décret d’érection du prieuré dépendant. Mgr Delmas prend alors la parole pour évoquer le souvenir des trappistes et accueillir notre nouvelle communauté. Peu après, Dom Dupont vient lire un message d’encouragement de l’abbé primat, Dom Jeremias Schröder. Celui-ci y affirme que « la fidélité à la tradition authentique ne conduit jamais au repli sur soi, mais s’épanouit en communion avec toute l’Église ».
Par la voix émue du Père Samuel, l’abbé général des cisterciens de la stricte observance, Dom Bernardus Peeters, offre un apologue touchant tiré de la vie de saint Benoît : celui de la hache du Goth, symbole des trappistes, perdue dans l’étang, et retrouvée par saint Placide, symbole des bénédictins (2). Délicate manière d’exprimer sa tristesse sans ternir notre joie.
Enfin Père Raphaël, nouveau Prieur, et Père Samuel se retrouvent à l’ambon pour lire la charte de transmission de l’abbaye. Tous se lèvent pour ce qui est sans doute resté comme l’un des plus beaux moments de la cérémonie. Les quatre Frères trappistes présents, puis les douze fondateurs signent la charte avant que Mgr Delmas et Père Abbé y ajoutent leurs sceaux. La cérémonie s’achève par un fervent Salve Regina, sous le regard maternel de la vénérable Vierge de Bellefontaine (3). Notre-Dame de Bellefontaine, priez pour nous.
Toutes les personnes présentes sont alors conviées à un grand buffet dans le parc du monastère. Une visite du cloître est organisée ensuite jusqu’aux Vêpres. Deo gratias !
(1) « Je ferai de toi une grande nation » Gn 12, 2. Promesse faite à Abraham, et que la liturgie applique à saint Benoît.
(2) Tous ces textes et une galerie de photos sont à retrouver sur le site du monastère : abbaye-bellefontaine.org
(3) Statue du xiiie siècle offerte à l’abbaye par le pape Clément V, qui y séjournait au moment de son élection.







