Premier dimanche de l’Avent

Évangile selon saint Luc (21, 25-33)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ; les hommes mourront de frayeur dans l’attente de ce qui menacera le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée avec beaucoup de puissance et de gloire. Lorsque cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche. » Puis, il leur dit une parabole : «Voyez le figuier et les autres arbres. Quand ils poussent des bourgeons, vous vous rendez compte, en les regardant, que désormais l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, rendez-vous compte que le royaume de Dieu est proche. En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront point. »

« Alors tous les arbres des forêts bondiront de joie devant la face du Seigneur, car il vient, car il vient pour juger la terre » (Ps 95,12). Le Seigneur est venu une première fois, et il viendra de nouveau. Il est venu une première fois « sur les nuées » (Mt 26,64) dans son Église. Quelles sont les nuées qui l’ont porté ? Les apôtres, les prédicateurs ; il est venu une première fois porté par ses prédicateurs, et il a rempli toute la terre. Ne résistons pas à son premier avènement si nous ne voulons pas redouter le second.
Que doit donc faire le chrétien ? User du monde, mais ne pas servir le monde. En quoi cela consiste-t-il ? « Posséder comme si on ne possédait pas. » C’est ce que dit Saint Paul : « Frères, le temps est court. Que désormais ceux qui achètent vivent comme s’ils ne possédaient pas; ceux qui usent de ce monde, comme s’il n’en usaient pas vraiment. Car elle passe la figure de ce monde. Je veux vous voir exempts de soucis » (1Co 7,29-32). Celui qui est libre de tout souci attend avec sécurité la venue de son Seigneur. Car est-ce qu’on aime le Seigneur, si on redoute sa venue ? Mes frères, n’en rougissons-nous pas ? Nous l’aimons, et nous redoutons sa venue ? L’aimons-nous vraiment ou est-ce que nous n’aimons pas davantage nos péchés ? Haïssons donc nos péchés, et aimons celui qui doit venir.
« Tous les arbres des forêts seront dans l’allégresse à la vue du Seigneur, parce qu’il est venu » une première fois. Il est venu une première fois et il reviendra pour juger la terre ; alors il trouvera pleins d’allégresse tous ceux qui auront cru la première fois à son avènement.
Saint Augustin

Une fois seulement par an, mais une fois pourtant, le monde que nous voyons fait éclater ses puissances cachées et se révèle lui-même en quelque sorte. Alors, les fleurs paraissent, les arbres fruitiers et les fleurs s’épanouissent, l’herbe et le blé poussent. Il y a un élan soudain et un éclatement de la vie cachée que Dieu a placée dans le monde matériel. Eh bien ! ceci nous est comme un exemple de ce que le monde peut faire au commandement de Dieu. Cette terre éclatera un jour en un monde nouveau de lumière et de gloire dans lequel nous verrons les saints et les anges. Qui penserait, sans l’expérience qu’il a eue des printemps précédents, qui pourrait concevoir deux ou trois mois à l’avance, que la face de la nature qui semblait morte aurait pu devenir si splendide et si variée ?…
Il en est de même pour ce printemps éternel qu’attendent tous les chrétiens ; il viendra quoiqu’il tarde. Attendons-le, car « il viendra sûrement, et il ne tardera pas » (Hé 10,37). Aussi disons-nous chaque jour : « Que ton règne vienne ! » Ce qui veut dire : « Montre-toi, Seigneur ; toi qui es assis au milieu des chérubins, montre-toi, manifeste-toi. Réveille ta puissance, viens nous délivrer » (cf Ps 79,3).
Saint John Henry Newman