11 mars

Commémoraison des nombreux martyrs de la persécution de Maximien

  • À Antioche, la commémoraison des nombreux martyrs de la persécution de Maximien, au début du IVe siècle.
  • À Jérusalem, en 639, saint Sophrone, évêque ; il défendit la foi contre les hérétiques et eut la douleur de voir la Ville Sainte tomber au pouvoir des Sarrasins.
  • À Sardes, en Asie Mineure, saint Euthyrne, évêque de cette ville et martyr ; ayant pris la défense des saintes Images, il fut exilé et mourut en 829 des mauvais traitements qu’il avait subis.

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Saint Sophrone de Jérusalem

Sophrone naît vers 560 à Damas et, après de solides études dans cette grande métropole à double culture, syriaque et grecque, devient professeur de rhétorique. Il est aussi un écrivain très cultivé et un poète raffiné.
À la mort de ses parents, il gagne la Palestine, où il séjourne quelques années au monastère de Saint-Théodose. Là, un moine, saint Jean Moschos, devient son père spirituel et ensemble, ils visitent les monastères de Palestine et d’Égypte. À leur retour, Sophrone revêt l’habit monastique, et va vivre avec Jean Moschos, une dizaine d’années, au monastère du Sinaï. Vers 608, ils sont à Alexandrie, où ils secondent avec succès le patriarche dans sa lutte contre les hérésies monophysite- le Christ aurait seulement la nature divine -, qui divise son Église.
Mais en 610, les Perses attaquent la partie orientale de l’empire byzantin. Ils occupent la Syrie, puis, en 614, saccagent Jérusalem, et en 618 s’emparent d’Alexandrie. Sophrone et Jean se réfugient à Rome, où Jean meurt. Plus tard, Sophrone sera pendant quatre ans supérieur d’un monastère à Carthage.
En 627, l’empereur Héraclius reprend la Syrie, la Palestine et l’Égypte aux Perses. Mais ces contrées sont en grande partie acquises à l’hérésie monophysite. Or, c’est l’époque où Mahomet commence à unifier les tribus d’Arabie. Héraclius, comprenant le danger que font courir aux chrétiens, leurs divisions entre monophysite et orthodoxes, veut refaire leur unité. Il pense avoir trouvé une formulation du dogme acceptable par tous, et, en 633, à sa demande, le patriarche Cyrus d’Alexandrie propose sur cette base un édit d’union. Malheureusement cette formulation, plus motivée par la politique que par la Foi, aboutit à une nouvelle hérésie, le monothélisme – une seule volonté dans le Christ –
Sophrone, qui, seul, la décèle immédiatement, essaie en vain d’alerter le patriarche Cyrus, puis le patriarche de Constantinople. Il retourne donc en Palestine. L’année suivante, il est nommé patriarche de Jérusalem. Alors, il envoie au pape Honorius et à tous les patriarches une lettre dans laquelle il expose la Foi catholique : le Christ vrai Dieu et vrai homme, agit selon ses deux natures, divines et humaines, unies sans confusion en sa personne. Le pape et le peuple de Palestine soutiennent Sophrone, mais les patriarches se rallient au monothélisme.
Entre-temps, la conquête islamique a commencé, facilitée par l’hostilité des populations du Moyen-Orient envers l’autocratisme de Byzance. En 636, les Byzantins sont écrasés à la bataille du Yarmouk. Damas est prise par les musulmans. Jérusalem résiste un temps, soutenue par le patriarche Sophrone, seul dirigeant resté dans ses murs. Mais les villes alentour tombent. En 638, pour éviter un bain de sang, Sophrone se résout à traiter avec le calife Omar. Celui-ci occupe la Ville sainte, mais s’engage, moyennant tribut, à garantir la protection des chrétiens de Jérusalem. Peu après, Sophrone meurt, en 639 épuisé par la lutte et le chagrin.
Parmi les écrits qu’il a laissés, ses sermons pour les fêtes liturgiques, pleins de lyrisme et d’une grande sûreté dogmatique, sont toujours très abordables aujourd’hui.