18 avril

Saint Apollone

  • À Rome, saint Apollone, sénateur. Dénoncé comme chrétien, il lut devant la haute assemblée une apologie de sa foi et reçut la couronne du martyre vers 185.
  • À Lyon, en 1082, saint Jubin, évêque ; il aida saint Grégoire VII dans ses travaux pour la réforme de l’Eglise.
  • À Paris, la bienheureuse Marie de l’Incarnation. Mariée par obéissance, madame Acarie se sanctifia par le devoir d’état, les oeuvres charitables et l’oraison. Elle introduisit le Carmel en France et, après lui avoir donné ses trois filles, y entra elle-même comme simple converse, sous le gouvernement de l’une d’elles. Elle mourut au couvent de Pontoise en 1618.
  • À Lachine, au Québec, la bienheureuse Marie-Anne Blondin, fondatrice de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne, pour l’éducation des enfants pauvres des campagnes. Injustement déposée de sa fonction de supérieure, elle vécut pendant près de quarante ans dans le silence, affectée aux plus humbles emplois, et pardonnant à ses détracteurs. Elle mourut le 2 janvier 1890.

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La bienheureuse Marie de l’Incarnation


Elle naquit à Paris en 1565. A onze ans, elle fut mise en pension dans une maison religieuse, où elle donna tous les exemples de la piété. Par obéissance à ses parents, elle renonça à son attrait pour la vie religieuse et épousa à 18 ans Pierre Acarie de Villemor. De ce mariage naquirent six enfants : trois filles et trois garçons. Notre sainte mit un soin extrême à leur éducation. Ils se levaient de bonne heure, récitaient ensemble la prière du matin, faisaient la méditation et allaient entendre la messe ; venaient ensuite l’étude et les récréations. La mère présidait à tout : elle les avait tellement accoutumés à sa présence qu’ils ne pouvaient s’en passer, et il lui fallait prendre part à leurs divertissements. Ces enfants profitèrent admirablement d’une telle éducation : les trois filles devinrent Carmélites et les trois fils, engagés dans les différentes carrières de la magistrature, du sacerdoce et des armes, conservèrent toujours dans leur cœur les sentiments que leur sainte mère s’était efforcée de leur inspirer. En celle-ci d’ailleurs les qualités d’épouse et de maîtresse de maison valaient les qualités de mère : on admirait son dévouement à l’égard de son mari, sa bonté à l’égard des domestiques. Lorsque Pierre Acarie fut banni par Henri IV comme partisan de la Ligue et que ses biens furent confisqués, Marie supporta cette ruine complète avec une patience admirable. Elle aida M. de Bérulle à introduire en France l’Ordre des Carmélites, récemment réformé en Espagne par sainte Thérèse. Devenue veuve en 1613, elle entra elle-même chez les Carmélites comme sœur converse, et ses infirmités croissantes ne l’empêchèrent pas de se charger des plus humbles offices. Elle mourut en 1618 dans la communauté de Pontoise. On cite d’elle cette parole adressée à ses enfants : « Quand vous auriez tout perdu ou renversé la maison, si vous l’avouez lorsqu’on vous le demandera, je vous pardonnerai de bon cœur ; mais je ne vous pardonnerai jamais la plus petite dissimulation. Seriez-vous aussi hauts que le plafond, je louerai des hommes s’il le faut, mais je ne laisserai pas vos mensonges impunis.»