16 mars

Saint Grégoire

  • À Orléans, vers l’an 1000, saint Grégoire, évêque de Nicopolis. Ayant quitté son pays pour vivre dans la retraite, il se fixa près de la petite église de Saint-Martin de Vertou.
  • À Assise, sainte Benoîte, vierge, qui succéda à sainte Claire comme abbesse du couvent de Saint-Damien. Elle y mourut en 1260.
  • Au Canada, les saints Jean de Brébeuf et Gabriel Lallemant, jésuites, qui subirent un cruel martyre en 1649.

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Saint Jean de Brebeuf

Né le 25 mars 1593 à Condé sur Vire en Normandie, Jean de Brébeuf entre au noviciat des jésuites à Rouen en 1617 et est ordonné prêtre à Pontoise en 1622. Il est un des premiers pères jésuites à aller en Nouvelle France. Il arrive à Québec en juin 1625, s’installe chez les Montagnais et plus tard, chez les Hurons.
Dans ses mémoires, il relate de façon admirable le mode de vie et les mœurs de ces peuples. Ces notes furent par la suite reproduites dans les « Relations des Jésuites » et sont aujourd’hui des sources d’informations précieuses pour nous aider à comprendre la vie des Hurons avant les guerres et les épidémies qui décimeront leurs populations.
Il traduit un catéchisme et plusieurs prières dans la langue des Hurons et entreprend même la rédaction d’un dictionnaire et d’une grammaire. Brébeuf établit plusieurs missions en Huronie dont celle de Ihonatiria Saint Joseph. Peu après l’arrivée des Européens, les Hurons sont victimes de plusieurs épidémies de variole, de grippe et de dysenterie.
Le travail de conversion de Brébeuf est difficile et peu efficace. Lors d’une émeute en 1640, Brébeuf et d’autres Jésuites sont battus et la chapelle est détruite. C’est en 1642 que les vrais problèmes commencent. Soutenus par les Anglais dans leur entreprise, les Iroquois amorcent une vaste offensive contre leurs anciens ennemis les Hurons et leurs alliés français. Ils bloquent les routes commerciales en multipliant des pillages et les massacres sanglants. En 1647, la menace iroquoise est devenue telle que les Hurons refusent d’entreprendre des voyages vers Québec.
Le 4 juillet 1648, alors que les guerriers hurons sont absents, les Iroquois attaquent les missions de Saint Joseph et Saint Michel en Huronie. Plusieurs habitants sont massacrés dont le père Antoine Daniel qui sera criblé de flèches. Les Iroquois prennent 700 prisonniers.
Le 16 mars 1649, plus de 1.000 Iroquois attaquent les misions de Saint Ignace et de Saint Louis où se trouvent alors les pères Brébeuf et Lalement. Les deux hommes sont faits prisonniers et emmenés dans un village dans l’actuelle région de Midland, en Ontario.
Le père Jean de Brébeuf subit alors une des plus atroces tortures. Ces actes furent rapportés par Christophe Regnault qui put observer le cadavre. Le corps a été sauvagement battu et a reçu au moins 200 coups de bâtons. On avait arraché la chair des bras et des jambes de Brébeuf jusqu’aux os et on l’avait aspergé d’eau bouillante pour ridiculiser le sacre du baptême. Les Iroquois avaient également placé un collier de haches incandescentes autour de son cou et de son ventre et lui avaient arraché les lèvres pour qu’il cesse de parler de Dieu. Son crâne avait été scalpé et son cœur, arraché. Il est possible que les Iroquois l’aient dévoré, croyant ainsi absorber les qualités de leurs ennemis.
La nation huronne entière est bientôt décimée. Quelques survivants se réfugient chez les nations alliées du nord ou encore près du Québec où leurs descendants vivent toujours. Brébeuf fut proclamé Patron du Canada en 1940.