24 octobre

Saint Magloire

  • En Bretagne, en 586, saint Magloire, évêque de Dol ; il se démit de sa charge pour s’occuper des Bretons réfugiés en Armorique, et fonda un monastère où il mourut.
  • Près de Nantes, en 601, saint Martin de Vertou ; il évangélisa l’ouest de la France et bien d’autres contrées, fondant de nombreux monastères ; revenu en Bretagne, il se fixa à Vertou.
  • À Fontfroide, en Languedoc, en 1870, saint Antoine-Marie Claret, évêque, fondateur des Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie. Evêque de Cuba, puis aumônier de la reine d’Espagne, il fut contraint parla révolution de 1868 de se réfugier en France.

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Saint Antoine Marie Claret : Dévoré du zèle missionnaire.

Antoine cinquième des onze enfants du tisserand Jean Claret et de Joséphine Clara, naît le 23 décembre 1807, à Sallent, province de Barcelone en Catalogne, il est baptisé le jour de la naissance du Sauveur. Ses parents sont profondément chrétiens. Le jeune Antoine en retire une grande dévotion envers la Très Sainte Vierge.
En même temps qu’il s’initiait au métier de tisserand, il étudiait le latin avec le curé de sa paroisse qui lui donna une solide formation religieuse. À dix-sept ans, son père l’envoya se perfectionner dans une entreprise de Barcelone où, aux cours du soir, il apprit, sans abandonner le latin, le français et l’imprimerie. Après une terrible crise spirituelle où il fut au bord du suicide, il avait songé à se faire chartreux mais, sur les conseils de son directeur de conscience, il choisit d’entrer au séminaire de Vic le 29 septembre 1829, à l’âge de 22 ans.
Tonsuré le 2 février 1832, minoré le 21 décembre 1833, il reçut le sous-diaconat le 24 mai 1834 ; fut ordonné diacre le 20 décembre 1834 et prêtre le 13 juin 1835. Il acheva ses études de théologie en exerçant le ministère de vicaire puis d’économe de sa ville natale.
Désireux de partir en mission, il se rendit à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation Propaganda Fide. Le cardinal préfet étant absent, Antoine suivit les Exercices de saint Ignace chez les Jésuites qui lui proposèrent d’entrer dans leur Compagnie. Il commença son noviciat le 2 novembre 1839 qu’une plaie à la jambe l’obligea à quitter le 03 mars 1840, malade, mais initié utilement aux exercices spirituels.
Revenu en Espagne, il fut curé de Viladrau où, à peine arrivé, pour le 15 août, il prêcha une mission qui eut tant de succès qu’on le demanda ailleurs et l’évêque le déchargea de sa cure pour qu’il se consacrât aux missions intérieures mai 1843 ; Il prêcha, encouragea parmi les premiers la presse et l’édition catholiques, les bibliothèques paroissiales et populaires. L’orateur de grand talent écrit aussi plus de cent cinquante ouvrages et brochures de vulgarisation.
Sa vie étant menacée, l’évêque l’envoya aux îles Canaries février 1848 à mars 1849 où il continua son ministère missionnaire. Avec cinq prêtres du séminaire de Vic, il fondait la congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie 16 juillet 1849, ultérieurement nommés Clarétains.
À la demande de la reine Isabelle II d’Espagne, le Bienheureux Pie IX Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878 le nomma archevêque de Santiago de Cuba dont le siège était vacant depuis quatorze ans ; il fut sacré le 6 octobre 1850 et ajouta le nom de Marie à son prénom ; il s’embarqua, le 28 décembre 1850, à Barcelone, et arriva dans son diocèse le 16 février 1851. Il s’efforça d’abord d’instruire le peu de prêtres de son diocèse vingt-cinq pour quarante paroisses et de leur assurer un revenu suffisant ; il fit venir des religieux ; il visita son diocèse et y prêcha pendant deux ans où il distribua 97.217 livres et brochures, 83.000 images, 20.665 chapelets et 8.397 médailles ; en six ans, il visita trois fois et demi son diocèse où il prononça 11.000 sermons, régularisa 30.000 mariages et confirma 300.000 personnes.
Au mois d’août 1852, Mgr Claret prédit un tremblement de terre qui secoue effectivement Santiago : pas un édifice n’y échappe, mais grâce aux prières du saint, on ne compte pas de mort. Le 1er février 1856, il échappe de justesse à une agression perpétrée contre lui par un homme armé d’une lame de rasoir qui lui fait une profonde balafre au visage, du front jusqu’au menton.
Rappelé à Madrid en 1857 pour être le confesseur et conseiller de la reine Isabelle II, il fut nommé archevêque titulaire in partibus de Trajanopolis sans pour autant cesser d’assurer de Madrid l’administration de Cuba jusqu’en 1860. Confesseur de la reine, il eut assez d’influence pour faire nommer de bons évêques, pour organiser un centre d’études ecclésiastique à l’Escurial et pour imposer la morale à la cour. Voyageant avec la Reine à travers l’Espagne, il continua à prêcher et ne manqua pas de s’attirer la haine des nombreux ennemis du régime. Quand Isabelle II fut chassée de son trône novembre 1868, Mgr Claret suivit sa souveraine en France.
Pendant ce temps, la Congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie se développait lentement : elle avait reçu l’approbation civile le 9 juillet 1859 et ses constitutions avaient été approuvées par Rome decretum laudis du 21 novembre 1860 et définitivement reconnues le 27 février 1866 ; l’approbation perpétuelle, donnée le 11 février 1870, fut confirmée le 2 mai 1870.
Après la révolution de 1868 où un prêtre de la congrégation fut assassiné, le nouveau gouvernement ferma les six maisons espagnoles et les missionnaires s’exilèrent en France à Prades.
Monseigneur Antoine Marie Claret, bien que sa santé fut de plus en plus mauvaise, s’occupa de la colonie espagnole de Paris ; le 30 mars 1869, il partit pour Rome, afin de participer aux travaux du premier concile du Vatican, mais il y tomba si malade qu’il dut se retirer à Prades où il arriva le 23 juillet 1870. Il parut pour la dernière fois en public à la distribution des prix au petit séminaire où il fit un discours en Catalan 27 juillet 1870. L’ambassadeur d’Espagne demanda son internement mais le gouvernement français fit en sorte que l’évêque de Perpignan l’avertît et, lorsqu’on vint l’arrêter 6 août 1870, il s’était réfugié chez les cisterciens de Fontfroide où il mourut le 24 octobre 1870.
Antonio Maria Claret y Clara a été béatifié le 25 février 1934 par Pie XI Achille Ratti, 1922-1939 et proclamé saint, le 8 mai 1950, par le Vénérable Pie XII Eugenio Pacelli, 1939-1958.