6 avril

Saint Marcellin

  • À Carthage, saint Marcellin, évêque et martyr, ami et disciple de saint Augustin. Les donatistes le firent injustement condamner en 413.
  • À Constantinople, saint Eutyche, évêque. Exilé pour la foi, il fut rétabli sur son siège. Saint Grégoire le Grand, alors légat du pape, lui ayant reproché une erreur de doctrine, il se soumit humblement. Il mourut peu après, en 582.
  • En 1203, saint Guillaume d’Eskill, abbé, qui restaura la vie monastique au Danemark.

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Saint Guillaume d’Eskill

Saint Guillaume naquit à Paris en 1140. Il fut élevé et instruit au couvent de Saint-Germain–des-Prés, et se fit remarquer dès sa jeunesse par les brillantes qualités de son esprit et de son cœur. Nommé chanoine de Sainte-Geneviève, il eut à subir la jalousie de ses frères et se retira à l’institut des Chanoines réguliers de Saint-Augustin, nouvellement établi. On peut dire qu’il fut de tous le plus fervent dans l’observation de la Règle ; tout son temps était occupé à la lecture, à la prière et à la contemplation ; il était heureux de manger le pain de son et d’orge de la communauté avec des herbes amères pour tout assaisonnement, et il savait ajouter largement aux pénitences communes.
Une nuit, Jésus-Christ apparut à Guillaume et lui dit : « Guillaume, tu dois aller pour mon service dans une île éloignée ; tu y endureras de grandes peines ; ami, après les avoir vaincu par ma grâce, tu viendras régner avec moi dans le ciel. » peu après, Waldemar, roi de Danemark, fils de saint Canut, fit demander à Paris des Chanoines réguliers, et Guillaume fut envoyé avec trois autres compagnons. Il eut un rôle difficile à remplir, celui de réformer un monastère abandonné au relâchement. Ses trois compagnons, vaincus par la violence du froid, retournèrent à Paris, et Guillaume eut contre lui tous les religieux de l’ancien couvent, qui s’acharnèrent à le décourager et à le faire partir. Le démon lui-même n’épargna rien pour le vaincre ; il mit un jour le feu à sa chambre, si bien que Guillaume ne put se sauver que miraculeusement.
En 1161, Absalon, évêque de Roskilde au Danamark, envoya à Paris le prévôt de sa cathédrale pour obtenir des chanoines réguliers chargés de réformer le monastère Sait Thomas d’Eskils. En 1165, Guillaume fit le voyage du Danemark avec trois compagnons et devint abbé de cette maison. Malgré les difficultés dues à la pauvreté et à l’opposotion de la part de la communauté, il réforma le monastère et, en 1178, le transféra en Seeland à AEbelholt dit aussi la Paraclet.
Son humilité, sa patience, ses austérités, sa soumission à la volonté de Dieu furent si admirables, qu’elles changèrent enfin le cœur de ces religieux dévoyés, qui avaient longtemps voulu le perdre et l’assassiner. En récompense de tant de mérites, Dieu glorifia son serviteur dès cette vie, par de nombreux miracles et même par la résurrection d’un mort. Il fut averti de l’époque de sa mort sept ans à l’avance, s’y prépara par un redoublement de prières et d’austérité, et fut réjoui avant son trépas par la visite de Jésus-Christ.
Il mourut en 1203 dans l’île de Seeland, près de Roskilde au Danemark. Il fut canonisé en 1224.