6 février

Saint Paul Miki et ses vingt-cinq compagnons

  • Saint Paul Miki et ses vingt-cinq compagnons, martyrs, torturés et mis en croix à Nagasaki, en 1597, canonisés par le pape Pie IX en 1862.
  • À Arras, en 540, saint Waast, évêque ; il instruisit Clovis dans la foi chrétienne et le prépara au baptême.
  • À Elnon, saint Amand, peu de temps évêque de Maastricht ; apôtre de la Gaule belgique au VIIe siècle, il fonda de nombreux monastères.

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Saint Paul Miki et ses compagnons

C’est saint François Xavier qui a introduit le christianisme au Japon, où il séjourna de 1549 à 1551. À sa suite, pendant les premiers temps, les Jésuites purent évangéliser en toute liberté. Les conversions étaient nombreuses. La jeune chrétienté, florissante, multipliait les églises, les écoles, les œuvres charitables. En 1582, un nouvel empereur arrive au pouvoir. Tout d’abord, il se montre favorable aux chrétiens. Mais, en 1587, il change brusquement d’attitude, intimant aux Jésuites l’ordre de quitter le pays immédiatement, faisant détruire églises et séminaires. En effet, il s’inquiète de l’influence grandissante des missionnaires. D’autant que souvent, ceux-ci bénéficient de la protection des seigneurs locaux, qui, ainsi, tentent plus ou moins de reprendre leur indépendance.
Au début cependant, soucieux de ne pas entraver ses relations diplomatiques et commerciales avec l’Occident, l’empereur ne regarde pas de trop près à l’exécution de ses ordres. Les Jésuites restent donc, poursuivant leur action dans une semi-clandestinité. Mais en 1590, les Franciscains arrivent au Japon, où ils prêchent, ouvrent des léproseries et des hospices. Et les conversions continuent, en grand nombre.
Alors, en décembre 1596, l’empereur décrète l’arrestation de tous les missionnaires qu’on trouverait et de les mettre à mort. Vingt-six personnes sont saisies : six franciscains et trois jésuites à Osaka, et dix-sept fidèles japonais, tertiaires de Saint-François, à Méaco. Les six franciscains quatre prêtres et deux frères, étaient d’origine espagnole, mexicaine ou indonésienne. Les trois jésuites, en revanche, étaient japonais.
Paul Miki, issu d’une famille noble et chrétienne, et entré chez les Jésuites à 22 ans, était un remarquable prédicateur. Jean de Goto, né, lui aussi de parents chrétiens, venait juste d’entrer dans la Compagnie. Jacques Kisoï, âgé de 64 ans, était catéchiste. Enfin, parmi les laïcs, il y avait trois jeunes de moins de 15 ans.
Les prisonniers sont d’abord promenés à travers la ville de Méaco sur des charrettes, afin d’effrayer la population. Mais celle-ci leur est plutôt favorable, compatissant notamment au sort des jeunes. Les condamnés, quant à eux, prient. Puis, on les amène à Nagasaki. Là aussi, sur le parcours, les gens cherchent à leur procurer du soulagement. À Corazu, le commandant de la place tente, en vain, de convaincre les trois jeunes d’apostasier. Avec les autres prisonniers, il n’essaie même pas, sûr d’échouer.
Deux prêtres de Nagasaki, prévenus, viennent à la rencontre de la petite colonne. Le commandant leur permet d’entendre les confessions, mais ne leur laisse pas célébrer la messe. Arrivés à Nagasaki, les prisonniers sont dirigés vers une colline surplombant la mer, où ont été dressées vingt-six croix. Lorsqu’ils sont tous attachés à la leur, ils entonnent le Bénédictus. Puis Paul Miki s’adresse à la foule en un dernier sermon plein d’ardeur et de foi, qu’il termine en priant pour ses bourreaux. Tous sont alors achevés à coup de pique.
Parmi ceux qui assistaient à leur supplice, même les païens seront profondément touchés par leur courage et leur joie.
Les vingt-six premiers martyrs du Japon, Paul Miki et ses compagnons, ont été béatifiés le 14 septembre 1627 par le Pape Urbain VIII Maffeo Barberini 1623-1644, et canonisés par le Bienheureux Pie IX Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878, le 8 juin 1862 dans une solennité sans exemple, au milieu d’un grand concours d’évêques de toutes les parties du monde.
Ce furent les premiers martyrs du Japon.