31 octobre

Saints Amplias, Urbain et Narcisse

  • À Rome, les saints martyrs Amplias, Urbain et Narcisse, dont parle saint Paul dans l’Epître aux Romains.
  • En France, saint Quentin, noble romain, martyr en 303.
  • À Riéti, en 1447, le bienheureux Thomas de Florence, franciscain, compagnon de saint Jean de Capistran, qui souffrit beaucoup comme missionnaire en Ethiopie.
  • À Palma de Majorque, en 1617, saint Alphonse Rodriguez, frère coadjuteur de la Compagnie de Jésus, d’une austérité de vie et d’une humilité remarquables ; simple portier pendant plus de trente ans, il était tout rempli de science divine.

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Saint Alphone Rodriguez

Presque quarante ans portier d’un collège de la Compagnie de Jésus, à Montesion Palma de Majorque, ce mystique espagnol né en 1533 exerça une influence spirituelle notable sur ceux qui y passèrent.
Alonso Rodriguez, naît à Ségovie, en Espagne, le 25 juillet 1533. Fils de commerçant en laines et tissus, Alphonse a connu Pierre Favre, un des premiers jésuites lorsque, de passage à Ségovie en 1541 pour une mission populaire, ce dernier logea chez ses parents et prépara Alphonse à faire sa première communion.
À 13 ans Alphonse se trouve avec son frère aîné Diego pour y étudier au collège d’Alcala, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus. La mort inopinée de son père, en 1546, le force à les interrompre : sa mère lui demande de rentrer, n’étant pas en mesure, avec 9 enfants, de s’occuper seule du négoce paternel.
En 1558 il se marie avec Maria Juarez dont il a trois enfants. Il ne connaît que des malheurs : en trois ans il perd d’abord son fils Gaspar, ensuite sa fille Maria et sa femme en 1567. Après avoir essuyé des revers de fortune, Alphonse Rodriguez abandonna le soin des affaires et se retira dans une chambre avec son fils peine âgé de trois ans. Plein de sollicitude pour l’âme de son enfant, il pria Dieu de l’appeler à Lui s’il devait un jour L’offenser. Le Seigneur ravit ce petit ange à sa tendresse quelques jours après sa fervente prière.
Dans cette grande adversité il trouve soutien et réconfort auprès des jésuites Luis de Santander et Juan Martinez. À travers ces tristes évènements il croît dans une profonde union intime avec Dieu. Des mois de solitudes, faites de pénitences et prières, le portent au désir de se faire religieux jésuite. Sa première demande d’admission, en 1568, est refusée : il est trop âgé 35 ans, de santé fragile et n’a pas fait les études requises pour accéder à la prêtrise. Déçu mais sans renoncer à son projet il se rend à Valence, suivant les conseils du père Luis de Santander pour y étudier le latin en vue du sacerdoce, mais le succès ne répondit pas à ses efforts. Laissant ce projet de côté, il pensa à se retirer auprès d’un ermite de Valence, mais son confesseur l’en dissuada.
Deux ans plus tard il demande à nouveau son admission dans la Compagnie. S’il ne peut être prêtre il accepterait avec plaisir d’y être frère, dit-il. Malgré l’avis négatif de ses conseillers, le provincial Antonio Cordeses le reçoit avec ces mots : « Qu’il entre, nous le recevrons comme saint ! »
Alphonse commence alors son noviciat le 31 janvier 1571, au couvent de saint Paul de Valence. Ses premiers pas dans la vie religieuse révélèrent le haut degré de vertu où il était déjà parvenu. Son humilité que rien ne pouvait déconcerter, sa patience devant les exigences les plus indiscrètes ou les reproches les moins mérités, sa scrupuleuse obéissance, son oraison continuelle suscitaient l’admiration et l’édification de tous ses confrères. Après six mois il est envoyé à celui de Montesion à Palma de Majorque où il prononça ses voeux simples et solennels le même jour. Il y restera 46 ans, jusqu’à la fin de sa vie.
Rodriguez occupe au collège diverses charges domestiques. En 1579 il y est nommé à la porterie. C’est dans cet humble office de portier de collège qu’il rayonne de sagesse, d’attention aux autres et esprit de service. Sa vie spirituelle, d’évidente union à Dieu, étonne et attire les visiteurs. Cette activité monotone de la porterie lui permet d’encourager les étudiants, de consoler ceux qui sont dans la peine, de conseiller les inquiets et les tourmentés et d’aider les nécessiteux.
L’étudiant jésuite Pierre Claver, arrivé au collège en 1605, aime parler avec lui de choses spirituelles. C’est Rodriguez qui suggère à Pierre Claver de se porter volontaire pour l’envoi en mission en Amérique espagnole.
À sa prière incessante, il joignait une mortification extraordinaire. « En toutes choses, témoigna son supérieur, Alphonse cherchait ce qui répugnait le plus à la nature. » Ainsi, il ne voulait porter que des vêtements usés. Un crucifix et une image de la Très Sainte Vierge sans nulle valeur artistique ornait la cellule de ce pauvre de Jésus Christ. Il couchait sur la dure et jeûnait souvent. Regardant le réfectoire comme un lieu de mortification, il offrait tous les sacrifices qu’il s’y imposait pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes du purgatoire.
L’obéissance de saint Alphonse Rodriguez était aussi aveugle que parfaite, car ce bon saint était convaincu qu’en accomplissant les ordres de son supérieur, il exécutait ceux du ciel même. Pour savoir jusqu’où sa sublime dépendance pouvait aller, le recteur du collège de Majorque lui commanda un jour de s’embarquer. Saint Alphonse partit aussitôt sans poser de question. Chemin faisant, un religieux vint lui dire que le supérieur le redemandait. « Où alliez-vous, lui demanda le recteur, puisque vous ignorez le but du voyage et quel vaisseau vous deviez prendre? – J’allais faire l’obéissance, répondit le saint portier.
Alphonse Rodriguez reçut de Dieu le don de prophétie et celui des miracles. Après quarante-cinq années passées dans la pratique des plus admirables vertus et affligé depuis longtemps d’une douloureuse maladie, le saint religieux reçut le sacrement des infirmes. Ayant communié avec ferveur, l’agonisant ferma les yeux et entra dans un ravissement qui dura trois jours. Durant ce temps, son visage demeura tout rayonnant d’une céleste clarté. Le 31 octobre 1617, le saint jésuite revint à lui, prononça distinctement le nom adorable de Jésus et Lui rendit son âme, à l’âge de quatre-vingt-six ans.