5 avril

Saints Martyrs

  • En Afrique, au Ve siècle, les saints Martyrs massacrés par les Vandales pendant qu’ils célébraient la solennité pascale ; l’un d’eux, qui chantait à l’ambon l’Alleluia, eut la gorge percée d’une flèche.
  • En Aquitaine, en 1095, saint Géraud, abbé, fondateur du monastère de la Grande-Sauve.
  • À Vannes, en 1419, saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, dont les prédications et les miracles convertirent des milliers d’infidèles et de pécheurs en Espagne, en Italie et en France.

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Saint Vincent Ferrier

Dominicain, docteur en théologie, en vrai fils de saint Dominique, Vincent Ferrier est l’un des grands prédicateurs populaires de l’Église.
Vivant à une époque de crise grave guerre de Cent Ans ; grand schisme d’Occident où s’affrontent deux, puis trois papes ; premières hérésies annonciatrices du protestantisme, il vient de Valence, son Espagne natale auprès du pape d’Avignon pour défendre la Foi. Il prêche dans toute l’Europe, attirant des foules énormes par sa sainteté et son éloquence, multipliant miracles et conversions.
« Craignez Dieu et rendez-Lui honneur, parce que l’heure du jugement approche » (Apocalypse 14,6) : pour persuader les foules de s’en remettre de toute urgence à la miséricorde de Dieu, Vincent, jeune dominicain plein de zèle, n’a rien trouvé de mieux que de se faire passer pour l’ange de l’Apocalypse lui-même ! Son but : secouer les chrétiens de leur torpeur, les inciter à la pénitence ; il est tellement sûr que Dieu désire par dessus tout leur donner son pardon ! Alors, il évangélise sans relâche, de son Espagne natale jusqu’à Vannes, où il mourra, en passant par le Lyonnais, la Savoie, la Lombardie, la Catalogne, etc… Sur son passage, les conversions se multiplient, accompagnées d’étonnants prodiges.
Il faut dire qu’en matière de prodiges, Vincent s’était montré précoce. Jugez plutôt : trois ou quatre ans après sa naissance à Valence, en Espagne, le 23 janvier 1350, il sauve sa région de la sécheresse en obtenant une pluie torrentielle ; à peine adolescent, il ressuscite un mort, le premier d’une longue série de miraculés en tous genres. Tout petit enfant, il réunissait ses camarades, leur parlait du bon Dieu et de la Sainte Vierge avec tant d’onction et d’amour, qu’ils en étaient touchés.
En 1367, il entre chez les Dominicains de Valence : très tôt, sa sainteté et ses talents de prédicateurs apparaissent avec tant d’évidence que ses supérieurs lui demandent de prêcher sans même attendre d’être ordonné prêtre. On résume ainsi son portrait : « Humilié sans feinte, oraison sans tiédeur, assiduité sans ennui, affabilité sans ombre ». Tout un programme ! Un programme qui, bien sûr, n’est pas du goût du Malin ; il se charge de harceler Vincent, en butte à toutes sortes d’épreuves.
Mais sa pire souffrance vient sans conteste du grand schisme d’Occident qui, des années durant, voit un pape à Rome, et un autre à Avignon. Terrible drame qui déchire l’Eglise, et le cœur de Vincent. Pour que soit rétablie l’unité, il multiplie les jeûnes et les prières… et sera exaucé deux ans avant sa mort.
Epuisé par les travaux apostolique et la pénitence c’est à Vannes en Bretagne qu’il passe la dernière année de sa vie et meurt le 5 avril 1419 à l’âge de 70 ans.