A comme…

A comme… abandon

Abandon à Dieu (Père de Caussade)

Conseil sur l’art de s’abandonner entre les mains de Dieu
Abandonnons-nous à toutes les volontés de Dieu, et nous serons bientôt soulagés et déchargés. Alors nous verrons que pour avancer dans les voies du salut et de la perfection, il n’y a dans le fond que peu de chose à faire, et qu’il suffit, sans tant raisonner ni sur le passé ni sur l’avenir, de regarder Dieu avec confiance, comme un bon Père qui nous mène dans le moment présent comme par la main. Je ne sais rien encore de ma destinée, ce dont je suis fort aise. Cette profonde ignorance me laisse à plein dans l’abandon à la divine Providence, où je suis en paix comme dans mon élément, sans soin ni souci, comme un petit enfant qui repose doucement dans le sein de sa bonne et tendre mère, voulant tout, et ne voulant rien, c’est-à-dire tout ce que Dieu voudra et rien de ce qu’il ne voudra pas.

Jean Pierre de Caussade, Lettres spirituelles, Lettre 8

Acte d’abandon (Saint Claude La Colombière)

Le jour de la Conception Immaculée de la Sainte Vierge, j’ai résolu de m’abandonner tellement à Dieu, qui est toujours en moi, et en qui je suis et je vis, que je ne me mette nullement en peine de ma conduite, non seulement extérieure mais même intérieure, reposant doucement entre ses bras, sans craindre ni tentation, ni illusion, ni prospérité, ni adversité, ni mes mauvaises inclinations, ni mes fautes même, espérant qu’il conduira tout par sa bonté et sa sagesse infinie, de telle sorte que tout réussira à sa gloire ; de ne vouloir ni être aimé, ni être soutenu de personne, voulant avoir en lui et mon père, et ma mère, et me frères, et mes amis, et tout ce qui pourrait avoir pour moi quelque sentiment de tendresse. Il me semble qu’on est bien à son aise en un asile si sûr et si doux, et que ne j’y dois craindre ni les hommes, ni les démons, ni moi-même, ni la vie, ni la mort. Pourvu que Dieu m’y souffre, je suis heureux.

S. Saint Claude La Colombière, (J.S. 98)

Abandon sans réserve

Vous avez enfin trouvé le véritable secret qui est de ne plus examiner votre état présent et d’abandonner sans réserve, et le passé, et l’avenir à la miséricorde de Dieu : avoir de grands sentiments de sa bonté, qui est infiniment plus grande que vous ne le pouvez écrire, et croire, malgré toutes les vues qui vous persuadent le contraire, que vous êtes aimée de lui, malgré toutes vos misères.
Conservez chèrement ces pensées : elles sont assurément de Dieu, je vous en réponds.

S. Claude La Colombière (L. 95)

Comme un bâton…

Celui qui est dans ma main comme le bâton dans la main du voyageur,
Celui-là m’est agréable, dit Dieu.
Celui que est posé dans mon bras comme un nourrisson qui rit,
Et qui ne s’occupe de rien,
Et qui voit tout le monde dans les yeux de sa mère , et de sa nourrice,
Et qui ne le voit et ne le regard que là,
Celui-là m’est agréable, dit Dieu.

Soyez donc enfin, soyez comme un homme
Qui est dans un bateau sur la rivière
Et qui ne rame pas tout le temps
Et qui quelque-fois se laisse aller au fil de l’eau.

Ainsi vous et votre canot
Laissez-vous aller quelque-fois au fil du temps
Et laissez-vous entrer bravement
Sous l’arche du pont de la nuit.

Charles Péguy, Le mystère des Saints Innocents