D comme…

D comme… désir

Seigneur, tu es mon Dieu et tu es mon Maître, je suis fait pour te voir, et je reste éloigné de ce pour quoi je suis fait.
“Jusqu’à quand, Seigneur, jusqu’à quand nous oublieras-tu ?” Quand illumineras-tu mes yeux et montreras-tu ta face? Quand nous rendras-tu ta présence ?
Apprends-moi à te chercher, et montre-toi quand je te cherche. Je te désire, fais que je te trouve en t’aimant et qu’en te trouvant, je t’aime.

S. Anselme, (Proslogion I)

Les désirs sont la vie de l’âme.

S. Grégoire le Grand

Le Seigneur ne regarde pas ce que nous avons été, mais il regarde ce que nous désirons être.

S. Augustin

Désirer Dieu pour le trouver

« Cherchons-le pour le trouver, cherchons-le même après l’avoir trouvé. Pour le trouver, il faut le chercher, car il est caché ; même après l’avoir trouvé, il faut le chercher encore, car il est immense. C’est pourquoi il est dit en un autre passage : “Cherchez son visage toujours.” Car il remplit celui qui le cherche en proportion de ce qu’il découvre ; et celui qui le trouve devient capable de recevoir davantage, et il cherche de nouveau à se remplir, dès qu’il a commencé à recevoir avec plus d’abondance. »
« Progressez, mes frères ; examinez-vous toujours sans vous tromper, sans vous flatter, sans vous caresser. – Si jamais tu dis : cela suffît ! alors tu péris. Ajoute toujours, marche toujours, progresse toujours ! Ne t’arrête pas sur le chemin, ne recule pas, ne dévie pas. Il demeure immobile, celui qui ne progresse pas ; il revient en arrière.
celui qui retourne d’où il était parti ; il perd la route, celui qui perd la foi. »
« Ne pas avancer, c’est s’arrêter ; retourner, c’est retomber dans les désordres auxquels on a renoncé. S’égarer, c’est s’éloigner de la voie. Il vaut mieux marcher sur la route en boitant, que de courir en dehors de la route. »

S. Augustin

LE DÉSIR DE DIEU

Tu es grand, Seigneur, et bien digne de louange ; elle est grande ta puissance et ta sagesse est innombrable.
Te louer, voilà ce que veut un homme, parcelle quelconque de ta création, et un homme qui partout porte sur lui sa mortalité, partout porte sur lui le témoignage de son péché, et le témoignage que tu résistes aux superbes. Et, pourtant, te louer, voilà ce que veut un homme, parcelle quelconque de ta création.
C’est toi qui le pousses à prendre plaisir à te louer parce que tu nous as faits orientés vers toi et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en toi.
Donne-moi, Seigneur, de connaître et de comprendre si la première chose est de t’invoquer ou de te louer, et si te connaître est la première chose ou t’invoquer. Mais qui t’invoque s’il ne te connaît ? Car on peut invoquer un être pour un autre si on ne connaît pas […].
Je veux, Seigneur, te chercher en t’invoquant, et t’invoquer en croyant en toi : car tu nous as été prêché. Elle t’invoque, Seigneur, ma foi, que tu m’as donnée, que tu m’as inspirée par l’humanité de ton Fils, par le ministère de ton Prédicateur.
Et comment invoquerai-je mon Dieu, mon Dieu et Seigneur, puisque assurément c’est à venir en moi que je l’appellerai quand je l’invoquerai ? Et quel lieu y a-t-il en moi où puisse venir en moi mon Dieu, où Dieu puisse venir en moi, Dieu qui a fait le ciel et la terre ? »

S. Augustin, Confessions I, 1, 1-1, 22